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Cheval, les reflets d’un malaise

« Les reflets d’un malaise » aborde une chose que je trouve à la fois passionnante et paradoxale dans le monde du cheval.

cheval les reflets d'un malaise
L’instinct grégaire

Depuis longtemps adulé pour son image de liberté et de puissance; pourtant, dès tout petit, nous recherchons la maîtrise. Que recherchons-nous réellement à travers la maîtrise du cheval ? Moi la première, bien sûr, pour avoir pratiqué cela pendant plus de dix ans. 

Cheval qui, par ailleurs, nous laisse parfois faire nos erreurs avec une grande patience.  Mais, même avec patience, il n’en reste pas moins qu’il est important de prendre conscience de nos propres gestes. Si un évitement, pour ne pas se faire piétiner les orteils, n’est rien pour nous… il en est tout autre pour notre monture !

Une constante adaptation

La communication est importante chez toutes les espèces, en particulier la communication inaudible quand il s’agit des chevaux. Comme nous avons pu le voir dans le précédent article « Le cheval, un animal grégaire avant tout »; il s’agit d’un animal particulièrement sensible aux expressions corporelles. Ainsi, la crispation, les mouvements de recul, les hésitations seront autant de signaux qui lui indiqueront votre peur. En cédant la place, vous passez de potentiel dominant à dominé. En soit cela n’a rien d’irréparable puisque, évoluant avec le vivant, il y a une flexibilité et une adaptation constante. Les reflets d’un malaise avec le cheval ont débuté; la peur se remarque au fur et à mesure que le cheval prend la place que nous lui avons laissé. Cela se remarque progressivement (en fonction des caractères) avec le manque de respect de notre espace personnel et les bousculades « accidentelles » entre autres choses. 

Les premiers mouvements du cheval peuvent ne rien avoir de menaçants. Cependant, il est vrai qu’entre les 300 ou 400 kg de celui-ci et notre poids d’Homme… nous avons le réflexe de prendre nos distances, la vie de nos orteils en dépend !

Que reflètent exactement notre comportement pour le cheval ?

Le cheval est un animal grégaire qui construit sa vie et ses interactions en fonction du groupe. Qu’il s’agisse d’Hommes ou d’animaux, pour qu’une organisation fonctionne, il faut une hiérarchie. Attention, je ne parle bien évidemment pas de hiérarchie connotée négativement comme nous la connaissons dans certaines entreprise (« j’écrase pour réussir »). La hiérarchie dont je parle fait référence à la notion de leader qui vise à protéger et guider son groupe.

Toutes les émotions sont contagieuses, l’animal agit donc comme un véritable miroir et va s’aligner avec les ressentis de son humain. Il y a donc fort à parier qu’il devienne craintif en retour s’il sent une hésitation traverser son cavalier. La problématique réelle se pose lorsque les réactions du cheval vont appuyer la crainte du cavalier, conforté alors dans son idée de « faire attention aux mouvements du cheval ». C’est un cercle vicieux qui s’installe dès lors que l’on « cède la place ». Le résultat qui en découlera pourrait être un manque de connexion, de confiance, de respect et d’obéissance. Cette dimension intuitive et émotionnelle avec le cheval est utilisée également au travers de l’équithérapie, ou du coaching assisté par le cheval.

Un messager silencieux

Il est important pour les relations futures que les bases de la communication et du respect mutuel se mettent en place rapidement. Rassurez-vous, ce n’est pas parce que vous posez un cadre avec votre animal que celui-ci va moins vous « aimer ». Bien au contraire, plus nous parlerons son langage et ses codes et mieux nous nous comprendrons l’un et l’autre. 

Les besoins d’interaction étant très présent, le pré sera pour eux le meilleur endroit pour satisfaire ces besoins primaires. Il n’est pas « reposant » pour un cheval (ou poney) d’être rentré au box, certes ils s’habituent et se conditionnent, mais certains troubles anxieux (ou tiques) peuvent apparaître. Les messages du cheval sont rarement sonores, ils sont bien plus comportementaux, gestuels ou posturaux. Le cheval va pouvoir évaluer l’aplomb et l’assurance de son cavalier au travers l’envahissement de sa zone personnelle notamment. Se rapprocher de son cavalier, lorsque celui-ci met pied à terre, au point presque de lui marcher sur les pieds ; mettre son poids sur l’épaule la plus proche de lui, le bousculer… Tout ceci est ce que l’on pourrait appeler les reflets d’un malaise entre le cheval et nous.

Si toutes ces petites choses vous paraissent sans importance, elles sont pourtant fondamentales et décisives dans la relation. Savoir reconnaître à temps ces signaux et mettre le holà permet d’instaurer un équilibre et une compréhension mutuelle. Il ne s’agit pas de tentative de rébellion de la part de notre ami équin, mais bien de savoir quelle place nous occupons par rapport à lui. 

Le respect du cheval se gagne et se mérite

Pourquoi est-il si important d’être à l’écoute ? Tout simplement parce que contrairement aux chats et aux chiens, le cheval est avant tout et seulement un animal de proie. En tant que tel, il ne s’exprime absolument pas de la même manière et restera silencieux… même si cela est douloureux. Personnellement, j’ai coutume de dire que l’on voit la qualité d’une relation entre le cavalier et sa monture lorsque celle-ci est en liberté. Comment se comporte-t-elle face à l’approche de l’humain ? Fuit-elle la rencontre comme lui indiquerait sa nature de proie face au prédateur que nous sommes ou aurait-elle confiance ? Confiance en une relation saine et équilibrée, confiance en la qualité d’écoute et d’attention que lui porte son cavalier, en son intelligence intuitive et émotionnelle ? 

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L’approche

Il y a toujours une explication et un contexte précis lorsque le cheval devient « désobéissant », l’instinct grégaire, la peur, l’incompréhension d’une demande en font partie, pour ne citer qu’eux.

La seule chose que je puisse comparer avec le chien et le chat est sans aucun doute l’aspect contextuel lorsqu’un comportement se manifeste. L’animal ne fait rien « par hasard » ou par « méchanceté ». L’explication est là, parfois sous nos yeux, il suffit de savoir écouter et s’écouter.

Animalement Vôtre !

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