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Le chat, un animal « solitaire » ?

Nous avons tous en mémoire un matou baroudeur et solitaire qui pointe ses moustaches uniquement à l’heure du souper… Dans « Le chat, un animal solitaire » nous revisitons les idées reçues.

Malgré tout ce que l’on peut entendre, un chat n’est ni trop indépendant, ni un antisocial. Sa particularité c’est que son univers est d’abord construit autour des perceptions olfactives et auditives. Et sa structure sociale est basée sur son territoire. Contrairement au chien dont la structure sociale est l’appartenance à sa meute et au groupe. Je ne dis pas qu’il est impossible pour le chat de vivre avec d’autres congénères sur un même territoire. Seulement que ses comportements sont différents d’un animal qui est socialement structuré en fonction du groupe. 

« Chez le chat {…}, les mimiques du corps et de la face sont un mode de communication qui complète les signaux sonores »

Pierre JOUVENTIN

Tout comme nous l’avons vu dans un article précédent (« Reconnaître les signaux du chat »), il s’agit d’un animal social et sociable. Il est donc tout à fait possible de faire cohabiter plusieurs chats ensemble. Ou même tout autre espèce, pour peu que les présentations se fassent correctement. 

Si vous conservez l’image généralisée du matou associable après avoir lu ces quelques lignes, je ne peux malheureusement plus rien. Mais soyez rassuré, il y aura toujours des « pro chien » et c’est aussi très bien ! 

Un chat perroquet ?

Tout d’abord, sachez que la « parole » du chat est extrêmement variée. Par ailleurs, elle n’est utilisée presque exclusivement pour une seule chose : « parler » à son humain ! Et en plus de vingt variations s’il vous plaît !

Les chats entre eux utilisent assez rarement leur voix. En revanche, lorsqu’il s’agit de faire comprendre à son humain qu’il manque les 3 croquettes indispensables au bon déroulement de son Univers, Princesse Kali (par exemple…) use de tout son répertoire ! 

Et la magie dans tout cela, c’est qu’un chat apprend très vite quand il y a un élément renforçateur. La seconde magie comportementale, c’est qu’il est capable de moduler ses intonations sur celles perçues de humain. Si vous avez l’habitude de vous adresser à Poupouille avec une intonation aiguë; il est tout à fait possible que Poupouille essayera de faire ses gammes dans les aiguës pour vous imiter. Je suis tous les jours moi-même amusée d’entendre à quel point Kali calque sa voix sur nos intonations, mais également sur le nombre de syllabes utilisées (véridique !). 

Votre chat est donc parfaitement capable de distinguer votre humeur en fonction des modulations de votre voix. Le rappel : qui sonne généralement sur un ton haut, presque interrogatif. L’affection : qui sonne plus bas et presque en inaudible et peut aussi déclencher les ronronnements. Mais également l’angoisse ou la colère dont le ton est plus sec et fort. Il est très sensible au timbre de voix que vous utilisez, il le comprend et s’y adapte. Sa sensibilité est d’autant plus accrue au timbre d’une voix féminine et les pleurs des bébés ; ceux-ci sont également des sons déclencheurs car ils sont émis dans la même fréquence que les cris des chatons. Alors, le chat un animal solitaire ?

Créer confiance et amitié

Outre la voix, la communication tactile est également très répandue chez nos amis félins. C’est une façon de prendre contact avec son humain afin d’obtenir quelque chose, mais aussi très utilisé dans le but de s’apaiser. Évidemment, le frottement a également une manière de marquer pour se rassurer en déposant son odeur en « balisant » le terrain.

Les échanges de regards entre chats-chats et chat-humain ne sont pas anodins. Fixer du regard en ouvrant et fermant lentement les paupières est un puissant message de confiance et de grande affection entre vous deux, aussi (voir plus) significatif qu’un frottement…

«On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux ».

Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince.
Confiance et amitié

Par ailleurs, lorsqu’un lien amical naît entre deux chats, on peut souvent observer un toilettage mutuel. Tout comme le plissement des yeux, le léchage est une marque de grande confiance. Il est cependant plus rare de l’observer entre chat et humain, mais possible ! Dans ce cas, le chat à quelques préférences en termes de zones. Il va principalement se concentrer sur les zones de sécrétions et phéromones humaines, les aisselles, les oreilles ou les doigts par exemple. Le cuir chevelu peut être également très attractif et apaisant pour l’odorat si développé du chat.

Tout cela participe à une certaine « nourriture affective » et même si le contact physique est source d’apaisement et est recherché, cette tendance est totalement fluctuante selon les caractères.

1 chat, 1 caractère…

S’il est vrai qu’il existe des caractères plus « indépendants », l’inverse est donc tout à fait réel également. Cependant, trop de dépendance à l’égard de son humain n’est selon moi pas une très bonne chose. Nous entendons parfois parler de « chat-chien ». C’est-à-dire un chat qui manifeste des comportements similaires au chien dans le jeu ou du suivi du maître par exemple. Le développement psycho-affectif de ces chats c’est fait avec un fort contact de l’Homme. Toute leur vie ces chats auront besoin d’une proximité avec leur humain ce qui personnellement me fait tirer la sonnette d’alarme de l’hyper-attachement. C’est sans doute un comportement que l’on pourrait, nous humains, qualifier d’attendrissant. Mais il faut garder à l’esprit que lorsque le chat se retrouve éloigné ou privé de son humain, il peut alors se retrouver en grande souffrance (car cela peut entrainer une anxiété de séparation).

Entendons-nous bien, je ne suis pas en train de dire que tous les chats un peu trop câlins souffrent d’une telle chose. Il existe même certaines races dont ce trait de caractère est particulièrement développé et ne sont pas pour autant en souffrance.

Le problème n’en est un qu’à partir du moment où l’animal adopte des comportements inadaptés voir dangereux pour lui-même et/ou son entourage.

Tout en restant dans ce domaine, il est parfois dit qu’un chat qui « pétrit » est un chat qui a été retiré de sa mère trop tôt. Il n’en est rien, ce comportement est observable chez tous les chats, y compris les chats sevrés correctement. C’est un comportement émit lorsque votre chat éprouve une grande satisfaction.

« Trois petits minous… »

Le pétrissage est un comportement naturel du chaton au moment de la tétée, servant à la montée du lait. C’est donc un réflexe hérité de la petite enfance du chat et un très bon indicateur de détente et de bien-être. 

Les astuces de nos boules de poils sont nombreuses pour attirer notre attention ou simplement être à notre contact. Gardons à l’esprit que la partie émotionnelle d’un animal a autant son importance que n’importe qu’elle autre facette de son existence. Les chats ont également des préférences en matière d’humain. Il est tout à fait fréquent de voir Cannelle, Polisson ou Archimède s’allonger en Sphinx sur votre torse pendant que vous dormez sur le dos. La chaleur, votre odeur ou peut-être les battements de votre cœur sont autant de réponses appropriées à ce comportement. Ou bien encore il est possible qu’il ait comprit que lorsqu’il s’allonge sur vous de cette façon, une quelconque interaction se produit… 

Vous l’aurez compris… Un chat est un animal qui peut s’avérer particulièrement sensible.

Le fait qu’un chat recherche la compagnie de son humain ou soit plus câlin que d’autres, ne veut pas dire qu’il ait moins besoin d’espaces de vie. Ces espaces organisés sont un puissant gage de stabilité et d’adaptation de sa nature féline. Notre rôle en tant que maître est de découvrir au fur et à mesure sa sensibilité et de nous y adapter au mieux pour lui donner la meilleure vie possible.

A très bientôt pour un nouvel article et en attendant, prenez soin de vous et de vos boules de poils.

Animalement Vôtre,

Alicia Delaunay, comportementaliste animalier.

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