le sevrage
Articles animaliers

Le sevrage, une affaire animale

Le sevrage, une affaire animale : chat et chien.

Le sevrage est une affaire animale, qu’importe l’animal, c’est est une étape essentielle chez toutes les espèces. Il existe deux types de sevrages, celui que l’on connait quasiment tous : le sevrage alimentaire et le sevrage affectif. Le sevrage alimentaire se produit aux environs de la fin du premier mois ; Lorsque les petits commencent à marcher, à découvrir le monde malgré leur vue encore un peu floue. Les chatons naissent sourds et aveugles; et même si le lien d’attachement entre la mère et ses chatons est certes réciproque, il n’est pas simultané. En effet la mère s’attache à ses petits dans les 24 heures qui suivent la mise bas; grâce notamment aux léchages et autres stimulations sensorielles.

Les petits quant à eux ont bien un besoin de protection et de chaleur mais le lien d’attachement n’est réel et définitif qu’à trois semaines de vie passées à ses côtés.

Avant cette date, la substitution avec une chatte nourrice est toujours possible. L’attachement avec celle-ci sera également présent à condition que la mère nourrice ne soit ni trop jeune ni trop inexpérimentée.

A partir d’un mois, l’alimentation commence à évoluer; le lait maternel n’est plus exclusif et une alimentation solide commence à apparaître dans le régime. Celui-ci est provoqué par la mère, notamment à cause des petites dents des chatons qui la blessent lors des tétées. 

Le chat étant un animal exclusivement carnivore, il est naturellement attiré par les petites proies ou la pâtée que ramène la mère; la transition se fait donc ainsi. 

Le sevrage : Comportement ou émotion ? Les deux mon « chapitaine » !

sevrage animal
Socialisation et sociabilité

Vient ensuite le sevrage maternel. Il s’agit d’un sevrage plus comportemental et « émotionnel » qui est effectué de manière progressive par la mère uniquement ! J’insiste sur le « de manière progressive » et « par la mère ». En effet, la mère commence ce sevrage à partir de la 3e semaine pour le terminer vers 3 mois. La mère uniquement est en capacité de de mettre en place ce sevrage affectif; elle seule sait à quel moment se détacher de son chaton. J’évoque également certaines de ces notions dans l’article « Le chat, un animal solitaire ?« .

Retirer précocement les chatons (ou les chiots) à la mère risquerait d’entraîner des troubles dans le développement comportemental et affectif du petit. Un hyper attachement, une mauvaise inhibition de la morsure ou des comportements infantiles pourraient se manifester par la suite. Dans la mesure où ce sevrage est bien fait, le petit est capable de rester seul après 3 mois. La seule raison qui justifie l’intervention de l’homme est si le petit a perdu sa mère et a donc été biberonné. 

L’éveil des sens

Toutes ces étapes sont capitales car elles font partie du processus de socialisation, indispensable au bon devenir. Il s’agira de la capacité d’être social et sociable, entre congénères, d’autres espèces animales ou des humains. Une maman chat/chien bien dans ses pattes, ayant bien materné et dont l’environnement est chaleureux, doux, avec suffisamment de stimulations sensorielles pour l’éveil des petits… Voilà une atmosphère rêvée pour des petits bien dans leurs pattes également. Voilà donc la raison pour laquelle il est conseillé de ne pas laisser les chatons partir avant 3 mois. 

Pendant cette période, c’est également le moment où la mère chatte apprend à ses petits les rudiments de la chasse. Quels comportements adopter, quels mouvements etc… Par ailleurs, la mère est particulièrement vigilante et n’hésites pas à changer d’endroit sa portée pour les mettre à l’abri et au calme. La propreté ? C’est inné, le petit chat est naturellement propre dès qu’il commence à se déplacer (ou plutôt à se dandiner), il prend un peu de distance par rapport à son nid. 

Et pour nos amis canins ?

Leur développement est quasi identique, les chiots naissent sourds et aveugles comme les chatons, ce n’est qu’aux alentours du 14e jours que leurs yeux commencent à s’ouvrir. Contrairement à ce que l’on pense ou à ce qu’il pourrait se dire, les chiots sont sensibles à la douleur même à quelques jours de vie. Le milieu dans lequel ils évoluent durant la période d’imprégnation est capitale pour leur équilibre futur.

Pour la chienne, c’est également à partir de la 3e semaines que le changement de son comportement se remarque, elle commence à rester en position debout lors des tétées, marquant ainsi une évolution dans le processus du sevrage. 

Plus ils seront en mesure d’identifier ce qui les entoure, plus les éléments feront ensuite partis de leur cadre de référence. Cela leur permettra de rester serein et de gérer leurs émotions face à toute sorte de situation par la suite. Par exemple, si vous habituez un choit/chaton à la vue d’un simple chapeau (ou toute sorte de casque), l’animal ne sera pas effrayé en vous voyant arriver dans le salon avec votre coiffe sur la tête. Cette imprégnation à l’environnement se fait en parallèle du processus de socialisation.

Même pour le chiot, tout ce que les petits apprennent pendant ces périodes n’est pas définitivement fixé; il faudra bien entendu maintenir un apprentissage même après le sevrage affectif pour enrichir de façon sensorielle les animaux.

Comment reconnait-on que le sevrage arrive à son terme ?

En général, le petit s’est déjà bien familiarisé à son milieu, il arrive de mieux en mieux à se détacher de sa mère ; Et celle-ci peut avoir un comportement de « rejet » envers ses petits. A 4 mois, chiens et chats commencent leur période de puberté et deviennent de plus en plus indépendants. Il n’est donc pas rare de voir à cet âge des jeunes animaux qui se « rebiffent » ou fuguent. La recherche d’une place au sein du groupe est vitale et ils en font l’expérience, tout autant que leurs maîtres parfois un peu démunis…

En effet, plus jeunes « ils obéissaient tellement bien… », cette phrase est bien connus des professionnels du domaine animal. L’animal, tout comme l’humain vit effectivement des périodes d’évolution psycho-affective et l’adolescence en fait partie. Tout comme chez l’humain, la remise en question de l’autorité et la prise de risque sont également présents; puisqu’il s’agit pour le jeune de mesurer les limites et les enjeux sociaux et donc la hiérarchie. Les premières notions de limites et de hiérarchies sont inculquées par la mères dans les tous premiers échanges avec la fratrie; les règles tout comme le sevrage sont donc bien une affaire animale en premier lieu.

En attendant le mois prochain, prenez bien soin de vous et de vos amis poilus !

Animalement Vôtre !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *